Editorial

DÉFENDRE L'ENVIRONNEMENT ET LA NATURE

Il est toujours difficile pour une association de se trouver un sigle capable de définir son identité propre et sa vocation. Dès ses premiers pas en 1978, l'ASDEN s'est fixée comme champ d'action : " Toutes les activités liées à la protection de l'environnement et de la nature". Association implantée dans une grande ceinture urbaine, la plupart de ses combats a eu pour cadre la défense de l'ENVIRONNEMENT des habitants résidant dans un territoire englobant Arnage et ses environs.

Obtenir une déviation, empêcher l'installation d'un aéroport de type international, voilà des objectifs en concordance avec le souci constant de protéger les populations des nuisances inhérentes à un développement économique destructeur du cadre de vie. C'est en effet bien de la qualité du cadre de vie dont s'est préoccupé l'ASDEN depuis plus de 30 ans maintenant ! Il est vrai que ses luttes ont surtout porté sur l'environnement péri-urbain, le refus du maintien de Butagaz au sein de l'agglomération arnageoise en est encore une illustration récente.

Alors la NATURE allez-vous dire, que devient-elle dans tout cela ? Sans doute nos préocccupations actuelles "oeuvrer pour le prolongement de la déviation Arnage-Ponthibault" nous écartent de la zone urbanisée et pourraient donner à penser à certains esprits fâcheux que nous sommes en contradiction avec nos principes environnementaux.

Ce serait nous faire un bien mauvais procès dans la mesure où une Déclaration d'Utilité Publique du 28 novembre 2008, acte officiel s'il en est, tient compte de critiques, justifiées quelquefois, en préconisant "une étude hydraulique approfondie" "des passages sécurisés pour cavaliers et attelages". Elle remarque que "le trajet choisi traverse des terres de faible valeur agricole et surtout des landes et des bois, sans la destruction d'espèces spécifiques"." Et elle ajoute "mais il est indéniable qu'un tel projet ne se réalise pas sans provoquer des grincements de dents, notamment de la part des défenseurs de l'environnement".

Voilà donc où le bât blesse, quand certains défenseurs de la nature avec un grand "N" en arrivent à minimiser ou même nier l'impact de véritables nuisances (circulation intensive, risques d'accidents) sur le cadre de vie de leurs concitoyens. Un choix donc s'impose et comme le dit le rapport d'enquête : "réserves et recommandations étant formulées, reste la question de l'utilité publique du projet".

L'ASDEN dans cette affaire se veut pragmatique, soucieuse de voir aboutir un projet qui doit apporter un mieux être aux habitants d'Arnage et de Ponthibault en déviant un trafic qui pour l'instant passe sous leurs fenêtres !